Ça n’a pas été sans mal, mais moi aussi j’ai pris une chambre au Riviera Motel (info immédiatement relayée par un tweet pour les visiteurs qui auraient choisi l’option twitter connect pour s’inscrire… jusqu’à ce que l’équipe de développement y mette bon ordre – au passage bravo pour la célérité d’intervention. Pas très bien vu / vécu ce genre de signalement au point que @cemonsieur soulignera sur twitter et sur les forums Prison Valley l’indélicatesse d’un procédé assimilable au contrôle exercé dans … l’univers carcéral… Là encore : la réponse de Joël Ronez himself n’a pas tardé, carrée et mesurée).
Pas été sans mal, disais-je… Un peu d’indulgence : mise en ligne, gros rush et encore quelques boulons à serrer.
D’abord, passée la page d’atterrissage qui donne un bon aperçu de ce qui se trame autour du web documentaire (et qui plante efficacement le dispositif : forums, blog, fil twitter, app iPhone,), un écran obstinément noir et aucun signe d’activité côté navigateur. Je patiente quelques secondes (grand maximum une poignée), rafraîchis la page et rafraîchis encore… passe à autre chose, laisse pédaler… pendant que je vérifie mes mails et jette un oeil sur les tweets qui fusent, j’entends le lancement de la séquence d’intro… Retour à Prison Valley.
Rien à dire : bien cette séquence d’intro, le décor est planté (belles vues panoramiques depuis une ligne de crêtes sur la Vallée des Prisons) et le propos bien cadré par le commentaire de David Dufresne. L’image est belle, l’invite alléchante. On me laisse le temps de m’installer (pas de clic superflu pour “visiter la vallée des prisons” ou “faire une pause pipi”), je comprends où on veut m’emmener sans non plus que ce soit téléphoné… Définitivement envie de poursuivre.
C’est dans le motel que ça se corse. Me suis refait 4 fois l’intro et ai essuyé un plantage généralisé (du genre : mettre hors tension et rallumer) avant de pouvoir effectivement entrer dans ma chambre. Inscription difficile : après n’avoir (en apparence) pas pu aller au bout via twitter (aucune confirmation, retour à l’écran d’inscription) et m’être rabattue sur le formulaire, conscienceusement rempli… impossible de l’envoyer. Je la veux vraiment cette chambre, alors je quitte et relance Firefox, des fois que…

La carte est là, quelque part parmi les indices et souvenirs
Ca y est, inscrite et connectée!
Here i go.
Me voilà dans « ma chambre ». Un tour du propriétaire s’impose, décor réaliste (pour cause : reconstitué à partir de prises de vues in situ) et comme dans un jeu vidéo le sens du détail gratuit sans l’être (le silence particulier de cette chambre de motel là, la “fenêtre sur cour”, la télé avec son match de baseball et les messages électoraux, le téléphone) : micro-effets de réel qui jouent dans le sens de l’immersion. Je joue avec les différents objets qui permettent d’accéder aux bonus, chats, forums…
Twitter n’en finit pas de bruisser de l’effet Prison Valley….
Non tous les visiteurs ne sont pas des geeks ou des fondus de documentaire @laurentg : « Ma môman de 61 ans m’envoie un SMS « voir prisonvalley.arte.tv ». Well done @ronez @abrachet niveau internet, ma mère, c’était pas gagné
Globalement ça donne « wow ! » (@chiquito), « un regard saisissant » (@arnauddressen), « à ne rater sous aucun prétexte » (@_olivier_m), « pressé de rentrer chez lui pour se mettre devant » (@Pierre_boisson), « en format ipad ou équivalent, en application, #prisonvalley moi je paye » (@MMDP) et même … « un chef d’oeuvre, horizon indépassable aujourd’hui du traitement de l’information en rich media » (@aljoannes).
Un bémol de la part de @fuckthemods : « c’est chiant je préfèrerais regarder le docu sans tout le tralala autour #mystification ». Il est bon lorsque l’on veut attirer l’attention de nager à contre courant n’est-il pas?
Un petit regret : la navigation par carte, qui pourtant colle bien au traitement road movie, m’échappe un moment (je savais qu’elle existait et l’ai donc pistée) Je finis par dénicher la carte parmi les indices et souvenirs (je ne l’y aurais pas cherchée, alors qu’au mur ou bien en évidence sur le lit où ailleurs, je l’aurais vue…). Troublant aussi les deux options qui me sont proposées pour reprendre le fil du documentaire : passer la porte et retourner dans Prison Valley ou retourner au film? Dilemne… Ce d’autant que la première option masque en réalité… la navigation par carte !? Là non plus je ne serais pas aller chercher la carte derrière la porte…
Maintenant que j’ai fait ma pointilleuse… que dire, si ce n’est que cette brève première incursion me conforte dans ma conviction que Prison Valley porte le web documentaire si ce n’est à des sommets (espérons qu’ils restent à venir pour ce genre tout jeune) du moins là où l’on pouvait espérer qu’il irait : du documentaire qui ce sert intelligemment du support web pour ajouter de l’épaisseur à un récit. Ce n’est que le premier jour et manifestement les premiers visiteurs (certainement recrutés parmi une population qui suit avec intérêt l’actu du web documentaire en général et de Prison Valley en particulier… Et alors?) se prennent au jeu, comme des gosses au pied du sapin de noël. Bon signe, ça.
Ah si une interrogation quand même que je vais m’employer à vérifier auprès de nos cobayes des Crash Tests. L’arrivée dans la chambre de motel à ce moment du récit et la diversion qu’elle créé (à vérifier ça, aussi : est-ce moi qui ne peut m’empêcher de cliquer à droite et à gauche pour voir ce qui m’est proposé où est-ce induit par l’interface, riche de possibles et intriguante?) ne sort-elle un peu vite pas le visiteur du récit…
La suite dans un prochain carnet d’exploration, avant les premiers retours des Crash Tests.



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Merci de votre crash test et de votre mansuetude pour cette première journée riche en réglages de tous ordres du à la montée en charge.
bonne continuation dans la vallée des prisons.
Bonjour l’équipe de la Fabrique !
Merci pour ce retour. Nous vous devons quelques explications. Pour ce qui est du Motel, sincèrement, ni Halina ni nous ne sous attendions à une telle aflluence pour ce premier jour. «Complet», le motel.
Mais on pense que ça devrait aller mieux maintenant. Un peu de code en plus, et hop.
Pour ce qui est de la «bête» twitter, je me permets de vous renvoyer ici:
http://prisonvalley.arte.tv/fr/forums/discussion/110/web-documentaire-et-web-penitentiaire/#Item_4
Pour le reste… la critique est libre et bienvenue ,-)