Tester les interfaces web documentaires?

Il est courant lors de la conception d’une interface web de recourir aux tests utilisateurs pour évaluer l’adéquation de la navigation, de la structuration de l’information et de sa mise en écran(s), de l’habillage graphique aux attentes et besoins des internautes. C’est pour le concepteur et l’éditeur d’un site un moyen de repérer les incompréhensions, difficultés d’utilisation et d’y remédier pour faciliter l’appropriation et améliorer l’efficacité de l’interface.
De là à appliquer cette approche au web documentaire, il n’y avait qu’un pas que nous nous apprêtons franchi malgré quelques réticences.
Un web documentaire est bien plus qu’une « simple » interface homme – machine et ne peut pas s’évaluer sous le seul angle de la facilité d’utilisation d’icelle (ce d’autant qu’un web documentaire n’est que rarement cantonné à un seul site mais se déploie sur différents sites voire supports). La dimension artistique (qualité de la narration, du traitement, du montage, du mixage… cohérence de l’ensemble) est évidemment pour beaucoup dans l’appréciation du visiteur et dans sa « réception du programme ». Et prétendre avec des outils hérités de l’ingénierie logicielle et dérivés du marketing (quelque soit la rigueur de leur mise en oeuvre), évaluer la qualité d’une oeuvre est un terrain trop glissant pour que nous nous y aventurions. Notre ambition est donc plus modeste : observer, interroger des internautes pour mieux comprendre comment une interface web peut servir un propos documentaire.

Cette approche nous a paru d’autant plus intéressante aujourd’hui que le web documentaire n’en est qu’à ses débuts et se cherche. Et si le concert de louanges qui accompagne systématiquement la mise en ligne de tout ce qui se présente comme du web documentaire contribue à une plus grande visibilité du genre, il ne dit malheureusement rien à ceux qui cherchent des formes nouvelles, des écritures pertinentes de ce qui « fonctionne » ou non et de pourquoi « ça fonctionne » ou non. Les statistiques, qu’il s’agisse du nombre de vidéos vues ou des données (un peu) plus fines que peut fournir un Google Analytics (ou autre service de suivi statistique), si elles permettent de s’en faire une idée ne sauraient remplacer la richesse des enseignements qu’apporte le fait pour un concepteur (allez élargissons à la notion d’auteur) de se confronter à ce que les internautes font « en vrai » de ses propositions.

LE (beta)DISPOSITIF
Observation in situ (visite non dirigée en conditions semi-réelles, c’est à dire sur poste de test, observateur « passif ») et enregistrement des sessions avec Silverback, précédée d’un questionnaire sur les usages des participants et suivie d’un questionnaire sur leurs impressions.
Après quelques sessions, permettant de repérer les points clés (difficultés rencontrées par les visiteurs ou au contraire éléments jugés satisfaisants), élaboration d’un questionnaire en ligne, à remplir post-consultation.

Forts de cette idée, nous nous sommes mis en tête d’expérimenter un dispositif inspiré des méthodes de conception orientée utilisateurs, associant observation in situ et questionnaire en ligne, pour mieux comprendre comment un internaute interagit et s’approprie ou non l’interface d’un web documentaire. Nous l’avons baptisé, un peu par provocation, « Crash Tests » et avons choisi comme premier objet Prison Valley, le dernier web documentaire d’Arte / Upian, en ligne à partir du 22 avril 2010.
C’est très empirique pour l’heure : nous recrutons les participants dans notre entourage, nous posons des hypothèses sur ce qui est intéressant à observer, allons tester différents modes de collecte des retours …
Nous apprendrons en faisant… et espérons ainsi apporter notre modeste contribution au développement d’écritures documentaires innovantes et pertinentes.
Bien sûr nous ne manquerons pas de publier les résultats de ces expériences et sommes preneurs de vos commentaires et suggestions.

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Une Réaction à “Tester les interfaces web documentaires?”

  1. Marie-Louise Flacke 22 avr 2010 à 10 h 40 min #

    Dommage que vous n’ayiez pas assisté à la conférnce Content Strategy 2010, qui s’est deroulée mi-avril à Paris. C’etait organisé par la STC France Chapter http://www.stcfrance.org !

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