Inside Prison Valley

Prison Valley, dernier web doc d'ArteLongtemps annoncée, très attendue, Prison Valley, la nouvelle production web documentaire du tandem Arte – Upian, sera en ligne le 22 avril 2010. En attendant la sortie officielle, les auteurs, David Dufresne et Philippe Brault, le producteur, Alexandre Brachet, le diffuseur Joël Ronez, étaient réunis le 8 avril au Forum des Images pour proposer à un public (nombreux) un avant-goût du web documentaire et quelques réponses aux questions que ne manque pas de susciter un projet de cette ambition.

PRISON VALLEY, c’est

  • un web documentaire à suivre sur arte.tv à partir du 22 avril 2010,
  • un documentaire de 59 mn diffusé sur Arte le 12 juin 2010 à 16:50,
  • une application iphone gratuite avec des portfolios sonores,
  • un livre Arte éditions / Democratic books,
  • une bande originale de Toty, pionnier du hip-hop français.

Prison Valley : un road-movie participatif

Pour résumer ce qu’est Prison Valley, le quatuor auteurs – producteur – diffuseur parle de «road-movie participatif».
Mais encore?

  • Prison Valley est un road-movie documentaire, 59 minutes de séquences linéaires, qui composent au gré des étapes du parcours de ses deux auteurs une fresque sur l’industrie carcérale dans le Freemont County,
  • agrémenté à chaque noeud du récit d’une somme considérable d’informations complémentaires, bonus et possibilités d’interaction et de débat.
  • Le visiteur peut au choix, visionner les séquences dans leur continuité (en une ou plusieurs fois) ou se ménager des pauses pour suivre l’un des fils qui forment la trame narrative du documentaire et/ou prendre part au débat autour du film.

Prison Valley est donc participatif à plusieurs niveaux : il implique bien sûr la participation du visiteur dans la construction de “son” récit et au-delà offre de nombreuses fonctions de mise en débat : chat avec les autres utilisateurs connectés, chats événementiels, forums, “messagerie” interne permettant d’échanger avec les protagonistes du film….

Comment ça marche?

Le visiteur est invité à s’enregistrer : “prendre une chambre” dans le motel où David Dufresne et Philippe Brault ont séjourné et qui leur a servi de QG pendant le tournage.

Bienvenue au motel Prison Valley

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A partir de là, il va pouvoir prendre part au voyage qu’ont entrepris les auteurs : visionner à son rythme (mais dans la chronologie pensée par David Dufresne et Philippe Brault) les séquences qui composent le film et à l’issue de chaque séquence, de retour dans “sa chambre” explorer la vallée des prisons.

Prendre connaissance du dossier sur l'industrie carcérale

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Ce sont eux qui en parlent le mieux
Joël Ronez (Arte Web) présente Prison Valley

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Ainsi posée la dimension participative ne fait pas exception aux standards du web… si ce n’est qu’elle est dans Prison Valley orchestrée avec une remarquable intelligence du web ET du documentaire.

Un documentaire pensé pour le web

Le propos est construit et respecte une progression classique, la dimension documentaire existe en soi et pourrait se passer du web (une diffusion est d’ailleurs prévue sur Arte le 12 juin), si ce n’est qu’elle ne le fait pas et que tout, de l’interface, inspirée de celle des jeux vidéos, aux choix formels (l’intégralité des éléments visuels a été collectée in situ), au dispositif narratif (un nous qui articule fort à propos subjectivité des auteurs et subjectivité de l’internaute) est justement dosé pour susciter l’immersion dans le récit, la curiosité et (peut-être) l’envie de prendre part et d’en parler autour de soi.

Rien dans ce Prison Valley ne doit au hasard : plus d’un an de travail, une écriture extrêmement exigeante et un souci pointilleux du détail. Joël Ronez pour Arte, co-producteur et diffuseur, évoque volontiers le caractère obsessionnel du travail des auteurs David Dufresne et Philippe Brault, “à la limite du psychiatrique” … Et les auteurs de souligner, que leur “pathologie” a trouvé chez Upian et Arte un asile idéal.

Ce sont eux qui en parlent le mieux
David Dufresne, co-auteur, s’explique sur le choix d’un format web documentaire

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Joël Ronez, responsable du pôle Arte Web, sur le «dogme» Arte en matière de web documentaire

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Pas de hasard, donc, mais un parti pris partagé : réaliser pour le web, tirer profit au service d’un propos fort des possibles qu’il offre; du talent et du métier (des auteurs, professionnels de l’écriture et du photojournalisme, versés dans la réalisation de sites web, un producteur rompu au web documentaire…) et des moyens, ceux d’Arte, qui, dans la droite ligne de sa stratégie éditoriale de diversification, sait investir pour soutenir des projets innovants.

Un budget de 235 000 €

Les moyens, on y vient. Le nerf de la guerre, la grande inconnue des modèles économiques pour le web documentaire…
Du synopsis à sa diffusion sur le web puis à l’antenne Prison Valley aura mobilisé les aides et financements suivants :

  • Aide à l’écriture du CNC accordée aux auteurs : 19 500 €
  • Aide à la production pour les nouveaux médias du CNC : 95 000 €
  • Financement co-production Arte France (pour le volet web) : 70 000 €
  • Financement fonds propres Upian : 70 000 €
  • Achat de droits de diffusion télévisée par Arte France : 10 000 €
  • Financement post-production pour version télévisuelle : 10 000 €

Les auteurs David Dufresne et Philippe Brault ont, pour un an et demi de travail, perçu chacun au total 30 000 €.

Voilà pour les financements et budgets… pour ce qui est des coûts, ça semble plus difficile à savoir (les comptes ne sont pas bouclés). Mais Alexandre Brachet, le producteur, laisse entendre qu’il en sera de sa poche … Bien sûr, il y a des pistes pour tirer des revenus qui viendront équilibrer les comptes (et idéalement générer quelques bénéfices) :  les ventes internationales de la version documentaire TV, un livre à paraître…, d’autres produits dérivés à imaginer (DVD…) et déjà des diffuseurs web partenaires (Yahoo, Libération et Radio France) qui s’acquittent de droits (là le chiffre m’échappe) pour diffuser sur leurs sites des séquences choisies.

Le web documentaire reste un pari financier. Avec pour principale motivation pour ceux qui aujourd’hui le font l’idée de se positionner, d’acquérir un savoir-faire qui, peut-être, un jour paiera (sans compter le plaisir de s’essayer à de nouvelles formes et la satisfaction qu’il peut y avoir à inventer… impossible à “chiffrer” et “monétiser”).

Certains n’hésitent pas à faire ce pari, en dépit de l’absence de modèle économique démontrable, et la spectatrice que je suis les en remercie. Car pour moi, aucun doute, Prison Valley fera date et pourrait bien constituer un début de réponse à la lancinante interrogation sur la nature du web documentaire.

Qu’est-ce que le web documentaire? Du documentaire, répond Prison Valley! Ou pour être plus exact : une expérience documentaire, qui associe et restitue de façon inédite grâce à la technologie divers composants de ce qu’est une expérience documentaire dans la vraie vie, au cinéma par exemple. Quant après avoir vu un film, on en débat, avec les auteurs (qui assurent de plus en plus le SAV comme moyen d’attirer un peu de public), parfois, voire les protagonistes, entre spectateurs (sans nécessairement avoir vu le film ensemble). Quant un film nous donne envie d’en savoir plus et nous conduit à nous documenter, à poursuivre l’exploration au delà du moment du visionnage…

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  1. Les tweets qui mentionnent lafabriqu Inside Prison Valley #webdoc #prisonvalley -- Topsy.com - 13 avr 2010

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