
Aux commandes de Storyville, LA fenêtre documentaire de la BBC
Nick Fraser, aux commandes de Storyville, LE créneau documentaire de la BBC, lors d’une table ronde, lundi, au Vancouver International Film Festival balance : la télé avec son obsession du format et du divertissement est responsable d’un véritable saccage. Le documentaire a un public (de Laura Bush aux lectrices de Vanity Fair, disait-il déjà en 2006). Le documentaire est une forme qui excite les appétits créatifs de toute une génération et produit chaque années des oeuvres remarquables tant dans la forme que le fond. Et pourtant le documentaire est quasi-invisible à télé. La faute au manque d’imagination des responsables de chaîne, à leur frilosité devant la dictature du format et son tyranique Leader Charismatique : Divertissement.
Rien de très neuf dans le constat (d’ailleurs la vidéo date de 2006, filmée au Banff World Television Festival). Mais tout de même : une éminence de la BBC qui se lâche ainsi. C’est que Nick Fraser est au-delà de l’ulcération. Scandalisé et authentiquement attristé de voir ainsi négligé, pour ne pas dire ignoré et gâché le potentiel créatif (sans même parler de ce qu’il véhicule et de comment il élargit l’esprit) du documentaire. Attention, pour autant ça n’arrête pas les documentaristes (voir ça les stimule) ou le public. C’est tout simplement « a fucking scandal » de voir à quel point la télé est à côté de la plaque.
Et alors que la question du format n’en finit pas de refaire surface, aujourd’hui pour les nouveaux médias (adapter la prise de vues au format des écrans de téléphones portables, faire court, court, court pour les niais qui zappent sur internet et dont il faudrait voir à ne pas solliciter le cerveau au-delà de leurs maigres capacités d’attention), un rappel vivifiant de ce qui aujourd’hui pêche. Le public et son intérêt pour le documentaire ne sont pas en cause : diffuseurs et distributeurs, oui. Et de me dire qu’au-delà de ce que les nouveaux médias pourraient amener aux écritures documentaires, ils amènent c’est certain un potentiel de diffusion qui ne demande qu’à être employé à d’autres fins que celle des mass media (et dans mass media, il y a masse, comme marché de ). Ce qui ne signifie pas qu’il le sera (non, le web n’est pas en soi un vecteur révolutionnaire : il n’est que ce qu’en font ceux qui s’en servent et les géants de l’industrie n’hésitent pas à s’en servir)…



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